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Galeries - Peinture : Lydie Godbillon
Lydie Godbillon(20 photos)

    Principe cardinal, voire préventif, surtout ne passez pas trop rapidement à proximité des œuvres de Lydie Godbillon, elles sont si délicates, si transparentes, si scintillantes, toutes imprégnées d’intemporels poudroiements d’or, tellement fragiles que vous pourriez déstabiliser ses rêves, estomper ses mirages, troubler son univers, fouler l’intime de son jardin feutré.
    La fée qui se pencha sur le berceau de Lydie Godbillon était sans nul doute une douce rêveuse, une délicieuse utopiste, et de son coup de baguette magique elle transmit à notre amie ses dons chimériques et ineffables.
    Petite, Lydie Godbillon dialoguait déjà avec le vent, jouait à la marelle avec les nuages et nous avons tout à penser aujourd’hui pour notre plus grand plaisir, qu’elle n’a pas encore tout à fait terminé ses jeux éblouis.
    Lydie Godbillon est restée le doigt dans le pot de confiture de son enfance inachevée où flotte encore un délicieux goût sucré, de pomme d’amour et de barbe à papa, ce qui au demeurant est tout à fait rassurant, car c’est la meilleure garantie d’un esprit pur et vrai dans son acte de créativité. C’est l’enfance qui préserve la pérennité de la mémoire de l’homme.
    Depuis toujours nous constatons chez notre artiste, une véritable constante, une inaltérable fidélité à sa vision, à sa respiration créative.
    Rien jamais ne l’influença, elle évolua constamment en marge des modes, des écoles, des tendances, des engouements éphémères, avec pour seuls matériaux au service de son œuvre, des fragments de légendes, de songes nourris d’intemporalité, tout chez elle oscille entre symbolisme et romantisme, apparence et transparence.
    Lydie Godbillon a toujours su préserver son espace privilégié, à tracer de nouveaux arcanes sur son territoire.
    En ses débuts, tâtonnements de jeunesse, elle orienta son regard et se nourrit des courants surréalistes, fantastiques, préraphaélites, mais très vite elle découvrit sa propre écriture, son propre champ (chant) tout investit de poésie. A partir de là, le travail, l’opiniâtreté feront le reste. Elle ressent en elle cette nécessité de transmettre sa propre symbolique venue d’autres sphères colorées, de légendes lointaines, d’elfes, d’anges et de mystères ésotériques.
    Lydie Godbillon a toujours attaché beaucoup d’importance à placer son talent au service de l’étonnement, de l’émerveillement. Véritable cour de princesses en quête d’inaccessibles amours, de femmes mirages, de vestales chrysalides, d’apparences diaphanes, d’errances imaginaires, de paysages d’éternité aux ambiances énigmatiques.
    Depuis des années, Lydie Godbillon œuvre avec une grande subtilité, une intense délicatesse, son trait est précis, obstiné, ses compositions sont soignées, son évolution fût régulière et constante, affirmant de plus en plus sa personnalité poétique et la nécessité d’en débattre.
    Ses personnages sont comme de beaux fruits capiteux gorgés de préciosités.
    Lydie Godbillon reconstruit son univers idéal, son jardin premier voilé de brumes mystérieuses, où les hommes, les animaux, les végétaux se trouvent en harmonie, dans le partage et la paix. Par cette fenêtre de l’intérieur ne verrions-nous pas poindre, l’âge d’or des temps immémoriaux, les promesses de l’âge astral, l’espoir de l’étoile d’orient ?
    Très attachée à ses terres de Champagne, certaines œuvres rendent un bel hommage à ce royal et pétillant nectar où sous l’œil céleste Bacchus trinque avec les anges.
    Au fil des années Lydie Godbillon vît évoluer ses techniques, son style graphique auquel elle donne beaucoup d’importance, ses variations colorées, ses nuances chromatiques. Elle ira même jusqu’à jouer de techniques dites mixtes où elle intégrera parfois des fragments d’étoffes, des parcelles de dentelles, des collages divers ou des extraits de partitions musicales qui rehausseront sa symphonie universelle.
    Tout chez elle se veut musicalité, errance, intemporalité, douceur pastorale, cascade de notes cristallines.
    Il arrive parfois à Lydie Godbillon de demeurer dans l’incertitude de sa dualité, ne sachant plus précisément si elle est une artiste peintre qui s’enivre de la magie poétique, où une poétesse qui s’aventure sur les voies de la matière. La réponse voudrait qu’elle soit indistinctement les deux, mais je vous invite si vous le pouvez à en échafauder l’osmose, à en extraire une définition.
    Cependant une chose est certaine peintre ou poète, Lydie Godbillon sera toujours une pêcheuse de rêves traduisant les reflets de son âme, qui dans l’instant fugitif de la naissance d’une femme d’écume, tentera toujours de distiller du bonheur et d’en nimber les étoiles.

Michel Bénard
Lauréat de l’Académie française